On était encore à la belle époque , à la 2ième moitié de la décennie 70 du siècle écoulé,où la plupart des jeunes jérémiens avaient une passion effrénée pour les activités ecclésiales.Ils avaient aussi une grande dévotion à la mère de Jésus, en l’occurrence la Sainte Vierge Marie .En d’autres termes, ils étaient très marials.Nous avons encore en mémoire des chants dédiés à la Vierge Marie qui avaient marqué notre prime enfance,depuis le temps de notre berceau:
« Mari, Mari, a la ou bèl, a la ou bèl Limyè, limyè, Bondye klere,Bondye klere Ô,ô,ô Pran kouraj fè kè w kontan, men limyè. Men Granmèt la kap montre n jan l renmen … Tout peyi, tout nasyon…Mari, Mari ala ou bèl ala ou bèl, limyè Bondye klere, Bondye klere
ô ô ô »
Nous ne tenions pas encore compte de notre existence sur cette terre,quand ce chant caressait nos oreilles.
Vu cette passion mariale du temps de mon enfance, les légions de Marie pullulaient à Jérémie. Bon nombre de jeunes en faisaient partie.L’une de ces légions avait fait figure de proue dans la cité vilairienne et de façon générale dans la cité des R.Elle portait le nom de :MARIE, REINE DES APÔTRES. Elle était dirigée par une sœur de la congrégation de La Sagesse, appelée MARGUERITE DU CALVAIRE. La Légion de Marie, Reine des Apôtres avait l’habitude de se réunir au local des Sœurs de la Sagesse, sis à La Providence,rue limitrophe de la ruelle Capiel.Celle-ci est plus connue sous le nom de LAN KOTON. Une nuit, un jeune de cette légion, appelé BÉNITO ROMAIN,surnommé Frè BEBE,a fait un rêve hors pair:
« Il se voyait assis à côté de Sœur Marguerite Du Calvaire.Cette dernière lui donnait une bible et lui dispensait des cours sur ce précieux livre.Puis, elle lui disait: va prêcher. »
En se réveillant, un nouveau courant le traversait et il ne se sentait plus comme avant.Du coup,il avait nourri le désir de matérialiser cette parole, mais il se sentait incapable de le faire , dans la mesure où il ne savait pas grand-chose ni au niveau de la bible ni au niveau des prêches. Mais, frère Bébé n’avait encore rien dit à personne.Après quelque temps, il avait refait ce même rêve de façon identique .Cette fois- ci, sans tarder il allait tout raconter à Sœur Marguerite Du Calvaire , la responsable de Marie, Reine des Apôtres.Prise de joie , elle s’exprimait ainsi:
« Ô mon Dieu! Comme ce rêve est merveilleux ! »
Puis des jours et des nuits passaient.Contre toute attente et comme une obsession, à l’instar de plusieurs échantillons de photo issus d’un seul clic d’un appareil photographique,il a refait typiquement une 3ème fois ce même rêve. Pour une 2ème fois,il était allé tout raconter à Sœur Marguerite. Cette fois- ci, elle s’exprimait ainsi:
« Il faut que nous marquions ce beau rêve si persistant »
Elle est allée dans sa chambre,elle a pris un crucifix et l’a remis à frère Bébé .
Tout cela se passait dans les 2 premiers mois de l’année 1976, sous la cure du RP MARCEL ARNOUX et sous le vicariat du RP SERGE MIOT, mort dans le séisme du 12 janvier 2010 à Port-au-Prince. En ces mois de 1976, on était à un an et demi du début de l’épiscopat de MGR JOSEPH WILLY ROMÉLUS, décédé dans ses pénates à Arniquet, le mardi 12 août 2025, à 7h am.
La 2ième personne à qui frère Bébé avait raconté ce rêve est son ami JOËL CALAS, sacristain d’alors de la cathédrale Saint-Louis de Jérémie et actuellement curé dans le diocèse de Jérémie.
Ce dernier lui disait : « Il y a beaucoup de groupes d’adultes qui prêchent. Pourquoi, nous autres, jeunes, nous ne formons pas un groupe pour prêcher aussi »
Dès lors, les deux avaient nourri le vif désir d’aller prêcher.À ce sujet, Joël Calas avait contacté une grande laïque qui habitait à la Source Dommage et qui répondait au nom de madame ARNOLD JOSEPH, la mère du poète JEAN-GAVENEL JOSEPH, un ancien élève de l’Ecole des Frères et du collège Saint-Louis de Jérémie. Cette femme à la grande piété lui disait :
« Pourquoi vous ne formez pas effectivement ce groupe de jeunes, spécifiquement pour ce travail de prêche,sous l’obédience de l’Église.? »
Par la suite, elle lui disait :Effectivement, le contact a été fait et Carl Nosile était venu.Entre-temps, frère Bébé avait raconté ce rêve à un autre ami, appelé RIDLY JULIEN, actuellement prêtre en Amérique du Nord. Ce dernier lui disait:
« Le fait que je t’avais dit que j’ai envie d’aller prêcher,alors tu viens me raconter ce rêve imaginaire.Non, je ne vais pas te prendre au mot ».
« Non, répliqua , frère Bébé, tu ne m’avais rien dit en ce sens ».
Alors,la conclusion que nous pouvons tirer dans cette histoire, c’est qu’au dire d’un proverbe très courant :
« Les bons esprits se communiquent ».
Par conséquent,après la formation donnée par Carl Nosile, ils étaient 7 à se réunir pour la première fois chez madame Arnold Joseph, sous le nom D’AMBASSADEURS DE JÉSUS-CHRIST, pour se différencier un peu des AMBASSADEURS DU CHRIST de Port-au-Prince. Puis, frère Bébé envoyait son ami Joël auprès du vicaire d’alors pour les suites nécessaires.Il n’a pas été reçu favorablement par ce dernier.Mais, les démarches continuaient auprès des autres autorités du diocèse…
C’est ainsi que le curé de cette époque demandait au vicaire d’encadrer ces jeunes dans cette noble mission. Ces derniers avaient l’habitude de se réunir tous les samedis matins vers les 9h, soit sur la cour du presbytère, soit sur la cour du cercle catholique, là où est érigé actuellement le foyer culturel WILLY ROMÉLUS. Encore une fois, tout cela se passait dans les premiers mois de l’année 1976.Mais, comme date de repère pour la fondation du groupe Ambassadeurs de Jésus-Christ,on a choisi 10 avril 1976 parce que c’est ce samedi 10 avril 1976 que les pionniers s’étaient réunis à la cathédrale Saint-Louis de Jérémie pour un démarrage officiel.Ils étaient au nombre de 7 comme à la 1ère réunion qui s’était déroulée à la Source Dommage, chez madame Arnold Joseph, la mère du groupe, 3 mois auparavant:
1) BÉNITO ROMAIN
2) JOËL CALAS
3) RIDLY JULIEN
4) HAROLD JOSEPH, le fils aîné de madame ARNOLD JOSEPH
5) JADY BOURDEAU
6) CHARLES ÉMILE JOASSAINT
7) HILAIRE DÉLISCAR.
Nous devons préciser aussi que cette pléiade a été encadrée par un notable de l’Église appelé LESTAGE DORIMAIN, le responsable d’alors du groupe Sainte Famille, basé à Bordes ou à l’avenue Émile Roumer.
Après quelques années, ils voulaient changer le nom du groupe.C’est ainsi qu’un nouvel adhérent, répondant au nom d’ ADRIEN ÉDOUARD, un grand dramaturge,actuellement prêtre au Canada,proposait le sigle AJC à ses pairs.Il leur demandait de trouver un nom correspondant à ce sigle.Après plusieurs jours de gymnastiques cérébrales, c’ est encore lui qui a imaginé le nom d’ APÔTRES DE JÉSUS-CHRIST, d’où le passage du nom D’AMBASSADEURS DE JÉSUS-CHRIST à celui d’APÔTRES DE JÉSUS- CHRIST, dit AJC.
C’est ainsi que ce groupe occupe une place de choix dans les affaires de l’Église catholique à Jérémie, depuis sa fondation à la cathédrale Saint-Louis,le samedi 10 avril 1976 jusqu’à ce printemps 2026.
Donc, 50 bonnes années ( 1976- 2026)au service de notre Église!
Que d’eau qui s’écoule sous ce pont!
Que de grands souvenirs dans nos mémoires et dans nos archives !
Dans les prochains épisodes,nous vous parlerons:
1)de l’objectif du groupe AJC
2) des différentes missions de ce groupe dans les localités et communes de l’arrondissement de Jérémie, dans le cadre de son objectif.
3) des différents prêtres issus de ce groupe,après être imprégnés du bain de l’évangile prêché dans ce groupe.
4)des différentes religieuses en provenance du groupe AJC.
5)des différents embranchements du groupe AJC à travers les âges et le temps.
6) des différents doyens et doyennes de ce groupe qui s’étaient chargés de l’administrer de 1976 à 2026.
Alors merci beaucoup, pour votre grande attention et à la prochaine pour les autres épisodes.
Rédigé à Jérémie le samedi 22 mars 2026 par PIERRE EXODE LOUIS,l’un des ex- doyens du groupe AJC , de juillet 1986 à février 1988.