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Hommage à Louis Jean Divers : le témoignage émouvant de la promotion 1989-1996

C’est avec une profonde émotion, empreinte de respect et d’infinie gratitude, que nous saluons la mémoire de M. Louis Jean Divers, notre ancien directeur au Lycée Nord Alexis de Jérémie.

Son nom demeure associé à l’excellence, à la discipline, à la droiture morale et à un engagement indéfectible envers l’éducation. Pour plusieurs générations d’élèves, il fut bien plus qu’un directeur : il fut un repère, un guide, un modèle.

Pour nous, membres de la promotion 1989-1996, son nom demeure une lumière indissociable de l’excellence, de la discipline et de la droiture morale.

Un éducateur d’exception

Pendant de longues années, M. Divers a porté haut la mission éducative du Lycée Nord Alexis. Sous sa direction, l’établissement n’était pas seulement un lieu d’apprentissage, mais un espace où se forgeaient des caractères, se construisaient des destins et se transmettaient des valeurs essentielles : le respect, l’effort, la responsabilité et l’amour du travail bien fait. Sa présence imposait naturellement le sérieux, mais aussi la confiance. Il savait allier fermeté et bienveillance, exigence et humanité. Sa discipline, loin d’être un fardeau, nous accompagnait, façonnait nos caractères et nous préparait aux grandes responsabilités de demain. Combien de maladresses avons-nous commises, et combien de fois nous les a-t-il pardonnées !

Nos premiers pas sous la direction de Louis Jean Divers

En octobre 1989, alors que nous venions d’obtenir le Certificat d’études primaires et de réussir l’examen d’admission au Lycée Nord Alexis, nous avons eu l’honneur d’être accueillis par M. Louis Jean Divers en 7e année fondamentale. Dès ce premier jour, il nous exhortait à être fiers de nous-mêmes et de notre statut de lycéens. Il nous rappelait qu’un lycéen devait travailler sans relâche s’il voulait atteindre les sommets. Ce moment reste gravé dans notre mémoire. Nous revoyons encore son regard fier, sa silhouette altière, sa chemise blanche, son élégance naturelle et sa voix aussi puissante que rassurante. Il se tenait là, stoïque, pour nous souhaiter la bienvenue.

Lors de la montée du drapeau, toutes les classes en rang, en position de dévotion. Sa cloche puissante pour un dernier rappel, alors s’installe un silence ou l’on entend les battements d’ailes d’une petite mouche. Invariablement de la sixième à la philo, tout le monde chérissait ce personnage qui partageait son grand savoir et sa culture de l’ordre et d’excellence. 

Il avait cette manière calme, mais assurée, de nous faire comprendre que nous étions attendus, que nous avions notre place et que nous pouvions tous réussir. Il possédait ce don rare de faire sentir à chaque élève qu’il comptait et qu’il était capable de se dépasser. Il connaissait d’ailleurs chacun par son nom, par ses œuvres, voire par son écriture.

Sous son œil vigilant — tantôt directeur, tantôt père, tantôt conseiller — nous avons grandi. Nous avons appris à nous tenir droits, à respecter les autres et à nous respecter nous-mêmes. Nous avons compris que la discipline n’était pas une contrainte, mais une force ; que l’effort n’était pas une punition, mais un chemin vers la dignité. M. Divers ne se contentait pas de gérer une école : il formait des citoyens, façonnait des consciences et préparait des vies. Aussi nombreux que nous fussions, il entretenait une relation particulière avec chacun de nous et nous traitait tous avec bienveillance.

Ce que M. Louis Jean Divers offrait allait bien au-delà des murs d’une salle de classe. Il offrait une présence rassurante, une direction claire, une boussole morale. Il savait écouter, conseiller, encourager. Il savait aussi recadrer, rappeler à l’ordre, mais toujours avec l’intention de faire grandir. Ceux qui l’ont connu savent combien sa voix, son regard, sa posture pouvaient marquer un jeune esprit et l’orienter vers le meilleur.

Les périodes d’examens de passage révélaient, à elles seules, le monument qu’était Maître Louis Jean Divers. À lui seul, et comme lui seul en avait le secret, il parvenait à surveiller tout l’auditorium, cette grande salle où se rassemblaient toutes les classes. Son charisme et son leadership ne pouvaient être défiés. Aucun élève n’osait copier, aucun élève n’osaitchuchoter. C’était le silence absolu. Les pas du directeur résonnaient dans la salle. Chacun craignait de croiser son regard ; nos yeux restaient fixés sur nos feuilles, nos plumes ne glissaient que sur nos copies. Même absent, le directeurs’imposait encore, et sa voix résonnait jusque dans nos réflexions. Il n’avait nul besoin de professeur pour surveiller les examens. Personne n’oserait tourner la tête et comme il savait le nom de tous les élèves à tout moment il pouvait indexer un potentiel tricheur en lui intimant l’ordre d’enlever des points allant de -5 a – 20 points. 

Nous nous rappelons aussi cette période où la barrière du lycée était en mauvais état et méritait d’être « rafistolée », pour reprendre l’un de ses mots. Un jour, alors que les élèves s’apprêtaient à sortir, sa voix retentit depuis le balcon de la direction : « Dixy, laisse la barrière, et je verrai qui peut sortir d’ici. » D’un seul mouvement, tous les élèves regagnèrent leurs salles respectives. Notre directeur incarnait, sans comparaison possible, une autorité naturelle.

Le lycée respirait l’excellence aussi.  Les  efforts conjugués de la direction, du censorat et de la préfecture de discipline couplés à la  compétence de nos éternels professeurs ont contribué à faire de ce lycée une référence au niveau départemental et national. Avant les troubles socio politiques au niveau du ministère de l’éducation nationale où des grèves répétées parfois justes des professeurs finissaient par une injustice pour les élèves en fin d’année car trop prolongées, Jean louis Divers savait jouer avec les aléas pour maintenir la discipline et l’excellence au sein de l’école. Il  tenait à ce que tous les élèves s’adonnent à la lecture et étudiaient dans les heures creuses par absence de professeur.

On avait aucun droit de se balader dans les couloirs et le maintien naturel de ce climat de responsabilité et de discipline a permis de maintenir le niveau d’éducation au top. Les élèvesorganisaient des olympiades de mathématiques de physiques  et de chimie. Ainsi, les exercices étaient résolus et on avançait dans une camaraderie franche en partageant nos compétences. Il identifiât les meilleurs élèves de l’école dans les classes terminales pour enseigner dans les classes de 7 ème, 8 ème et de 4 ème et de troisième pour enseigner le français, les mathématiques. Certains s’enorgueillissentencore d’avoir enseigné la trigonométrie aux élèves detroisième, seconde, de rhétorique. Emmanuel Antoine,Ingénieur et Pasteur, trigonométrie, Domond Vittorio et Fritzner Pierre, prof d’anglais, Yves Charles prof de françaiset trigonométrie, Sylvestre prof d’analyse et d’Algèbre et on avaient de nombreux assistants qui se relayaient dans les salles pour maintenir l’ordre et partager les connaissances avec des notations qui comptaient pour les épreuves finales. 

Aujourd’hui, ce tribut que nous lui rendons reflète son engagement à nous voir réussir  et nous pouvons clamer haut et fort que nous avons atteint les buts qu’ils s’étaient fixés. Nous avons été tous été à l’université et nous faisons nos chemins dans la vie avec dignité. 

Le souvenir du Bac Génie 1996

Maître Divers se préoccupait profondément de la réussite de chacun de ses élèves, notamment au baccalauréat. Pour lui, le lycée était un trésor, et de ce trésor devaient sortir, chaque année, des lauréats. Malgré les manquements observés au sein de l’établissement, il croyait fermement qu’au mois de mai les bacheliers lycéens devaient être prêts à affronter les épreuves officielles.

Animé par la soif d’excellence et de résultats hors pair, le directeur se montrait exigeant même envers la classe de philo, cette promotion qui croyait avoir déjà tourné la page du secondaire. Il nous disait souvent : « Philo, vous devez garder le flambeau du lycée allumé. »

Nous nous souvenons de cette dernière danse, de ce cadeau que nous voulions lui offrir absolument avant de quitter le lycée : participer au Bac Génie organisé par le Comité diocésain de Jérémie et remporter la compétition. Nous étions alors à l’approche des examens officiels. Il n’était pas d’abord favorable à cette initiative car ils pensaient que les nombreux jours de grève allaient nous empêcher de représenter et concourir avec des collèges qui n’avaient jamais eu cehandicap. Nous avons insisté pour le rassurer et nous avons fait la promesse formelle de ramener le trophée à la maison.Nous savions qu’on était prêt à aborder avec les meilleuresdispositions les examens d’état.

Cette promesse nous motiva profondément. Nous ne pouvions ni le décevoir ni trahir sa confiance.

Nous nous souvenons aussi des difficultés rencontrées lors du premier match et de son inquiétude à l’idée que nous puissions perdre. Il a laissai la salle parce que nous étionsmené au score. Il ne pouvait pas imaginer que nous puissions échouer. Tapi dans belle Lada, allumant son récepteur sur la radio ‘’Têt Ansanm ‘’, il jouissait de ce moment bascule ou ces génies ont gagné ce match. Il avait confié à l’un de nos camarades, Yves Charles, président de la classe de Philo et du CELNA qu’il comptait nous interdire d’y participer, à moins que nous ne lui apportions toutes les garanties nécessaires quant à notre capacité de remporter la compétition 

Cette attitude témoignait de son côté paternel envers ses élèves. S’il hésitait à nous laisser participer, c’est parce qu’il voulait avant tout que nous demeurions concentrés sur la préparation des examens officiels, qui devaient rester notre priorité absolue. Nous avons pu relever le défi et avec fierté nous pouvons dire que notre trophée ragaillardit le musée du LNA, témoin de notre effort, notre entêtement et de la confiance totale de notre mentor dans nos capacités. On lui avait dit c’est notre premier match on ne s’est pas encore chauffé. Et la Philo LNA a terrassé toutes les autres classes de philo de la ville. Tout cela, on te le doit « Direct ».

Maître Divers, « Direct » comme nous l’appelions intimement, a vécu intensément chaque match et, lorsque nous avons gagné, il était très fier de ce que nous avions accompli : sept matchs joués, sept victoires. Notre directeur, notre mentor, Louis Jean Divers, était non seulement fier de la promotion, mais aussi rassuré quant à la réussite de chacun de nous au Baccalauréat. Pour nous, c’est le plus beau trophéedans la galerie des souvenirs. Toutes les récompensesobtenues ont été laissé au musée du Lycée Nord Alexis. Les récompenses individuelles, meilleur joueur, meilleur public et le trophée des champions. 

L’homme à la stature d’airain

Au lycée Nord Alexis, on a eu la chance d’avoir des éducateurs exceptionnels que nous n’oublierons jamais. Des hommes que nous chérissons et respectons et à qui nous sommes redevables de nos succès dans la vie . Cependant le caractère exceptionnel de notre directeur était inégalé.

Que de souvenirs, encore vivaces, évoquent nos victoires aux tournois de football ! Maître Rollin Faucher, notre  professeur d’éducation physique à l’âme inflexible, forgeait des équipes que rien ne semblait pouvoir abattre. Nos rivaux des collèges Saint-Louis, Émile Roumer, Etzer Vilaire,  et tant d’autres encore, courbaient toujours l’échine, car le Lycée Nord Alexis emportait invariablement les lauriers. 

Or, il advint, au cours de l’exercice 1995-1996, une chose étrange et presque sacrilège. Le collège Émile Roumer, opposé en finale à notre Lycée, eut recours à des joueurs professionnels issus de deux grandes équipes locales, la Juvens et l’Ajax. Ces hommes, rompus aux joutes acharnées, faisaient face à nos jeunes lycéens, garçons au talent brut et au cœur vaillant, qui, contre toute attente, faisaient jeu égal et menaient même au score. Pour rétablir l’équilibre, un joueur du collège Émile Roumer, superstar de l’Ajax, le fameux buteur Azozol, se cacha au sein du public. Profitant d’une position flagrante de hors-jeu, il surgit comme une ombre et égalisa. Ce geste, d’une déloyauté rare, alluma la colère des nôtres. Les lycéens, et plus encore les lycéennes du Lycée des Jeunes Filles supportrices du LNA, envahirent le terrain, interrompant la rencontre dans un tumulte saisissant. Des pierres pleuvaient de toutes parts, comme une grêle de colère.

C’est alors qu’un homme, Jean Louis Divers, bravant la fureur des pierres, s’avança seul au milieu du terrain. Et soudain, tout s’arrêta. Le calme, tel un phénix, renaquit de ce chaos. Le match put se poursuivre, mais le Lycée Nord Alexis s’inclina, deux buts à un. A lui tout seul, il incarnait le respect  et la discipline. Il n’avait pas besoin de parler. Il s’amena seulement au centre du terrain et tout le monde avait compris. 

Cet homme, à lui seul, fut une épopée vivante, une incarnation de l’héroïsme. Nul n’osait le décevoir, ni même l’offenser par une once de négligence. Aucun lycéen, sous son règne silencieux, n’eût songé à flâner dans les rues. Et gare à celui qui se laissait surprendre ! Avec sa belle Lada, il était partout, œil et bras de la discipline. Le lycéen devait avoir un comportement digne et respectueux. C’était honorifique d’être au LNA . C’est cette école modèle qu’il a façonné et nous sommes fièrement ces produits.

Un héritage vivant

Aujourd’hui, alors que nous pleurons sa disparition, nous célébrons aussi l’héritage immense qu’il laisse derrière lui :

❖ Des milliers d’élèves qu’il a guidés, inspirés, parfois transformés ;

❖ Une institution qu’il a renforcée par son sérieux, sa vision et son sens du devoir ;

❖ Une communauté entière qu’il a marquée par son engagement et son intégrité ;

❖ Une vie entière consacrée au service des autres, à l’éducation, à la construction de l’avenir.

Une reconnaissance éternelle

Sa disparition laisse un vide immense, mais son souvenir demeure vivant dans nos cœurs, dans nos parcours et dans nos réussites. Il restera pour nous un exemple de droiture, de courage et de dévouement : un homme qui a donné sans compter, qui a servi sans chercher la lumière et qui a laissé derrière lui un sillon indélébile.

Que son âme repose dans la paix qu’il mérite. Que la flamme de son humanité demeure vivante en chacun de nous. Que son souvenir continue d’éclairer nos pas.

Comme nous le pensons et le ressentons profondément, les légendes ne meurent jamais ; le souvenir d’un père ne peut mourir dans le cœur de ses enfants. Vous fûtes un père pour nous tous. Nous vous chérirons éternellement. Merci pour toutJean Louis Divers 

Promotion 1989-1996

1- Alexis Abraham Anderson Sylvestre, Ingénieur en électronique

2 – Belony Jean Fritz, Prêtre catholique

3 – Brisenault Joseph Frédéric, juriste

4 – Charles Yves, ingénieur agronome

5 – Desrosiers Marie Mirlène, infirmière

6 – Élysée Jean Claudel, Economiste électrotechnicien

7 – Joseph Woodly, ingénieur civil

8 – Jules Pierre Alex, Ex-Agent de la Police nationale d’Haïti

9 – Marcel Harry, ingénieur civil

10- Pierre Wesner, Juriste-Master en ingénierie des projets de coopération

11- Polycarpe Edixon, Ingénieur civil

12 – Monode Jean , Architecte

13 – Fritzner Pierre, Comptable 

14- Vittorio Domond , Infirmier 

15 – Emmanuel Antoine , Ingénieur electrotechnicien  / Pasteur 

16 – Windsor Desroches , Ing.Agronome

17- Guerlens Merisma , Ing.Civil 

18 – Charles Votoir , Enseignant 

19 – Louimer Saint Fort , Prêtre Catholique Romain

20 – Sophia Paul , Gestionnaire 

21 – Sofia Cayemitte, infirmière

22 – Mesmer Lafleur , Comptable Entrepreneur  

23 – Judith Lundy , 

24- Yolette Lataillade, Administratrice  

25- Dupuy Noel, Entrepreneur

26- Jesula Chery , Entrepreneure

27- Marie Ange Romain , Administrateur 

28- Lindsa St Fleur , Infirmière 

29- Primerose Doll, Comptable 

30 – Brisenault Frédéric, Ébéniste  

31- Vikerson Boyer, Juriste – Greffier 

32- Frantz Antoine , Communicateur 

33- Edwidge Exavier , Economiste 

34- Mederson Jean Philippe , Technicien Agricole 

35- Lyssa Jourdain, Entrepreneur 

36- Pierre Mayas Robenson Vincent, Comptable 

37- Nickson Jean Jacques, Communicateur 

38- Franckol Jean Baptiste, Economiste  

39- Simone Laguerre, Infirmière 

39- Reginald Joseph  

40- Pierre marie Issa, Entrepreneur 

41- Philippe Juste, Policier – Commissaire