Âgé de 20 ans, Dieunord Martial avait été arrêté le 15 septembre 2026 à Dame-Marie pour des faits présumés de viol sur une mineure de 14 ans, qui auraient été commis le 3 septembre. Il s’est évadé du commissariat de la commune dans la nuit du 4 au 5 octobre 2026. Les circonstances de cette évasion restent à éclaircir.
Selon les informations recueillies par notre rédaction, six personnes étaient en garde à vue au commissariat de Dame-Marie au moment des faits. Dieunord Martial aurait été le seul à s’évader, après avoir coupé un barreau de la porte de sa cellule. Les conditions dans lesquelles cette évasion s’est produite soulèvent des interrogations sur la surveillance des personnes gardées à vue et la sécurité des locaux policiers.

Par ailleurs, le juge Wagner Laguerre, juge suppléant au tribunal de paix de Dame-Marie, aurait ordonné, le 24 septembre 2026, le transfert du prévenu au parquet de Jérémie. Toutefois, selon Gérald Guillaume, coordonnateur de l’IDETTE, le véhicule du commissariat aurait effectué plusieurs déplacements vers Jérémie entre le 24 septembre et la date de l’évasion, sans que Dieunord Martial ne soit transféré.
À la suite de cette affaire, deux policiers, Jean Cliff Désir et Blaise Jabens, ont été placés en mesure conservatoire à l’Inspection générale de la Police nationale d’Haïti (IGPNH). Cette décision serait intervenue après une mission d’enquête menée par l’Office de la protection du citoyen (OPC) et l’IDETTE, qui ont porté le dossier à la connaissance de l’Inspection générale.
« Il n’y a aucun rapport sur ce sujet à la direction départementale de la police, L’IDETTE et l’OPC ont saisi l’Inspection générale de cette affaire. C’est à la suite de notre enquête, transmise à l’IGPNH, que cette mesure conservatoire contre ces policiers a été prise », a déclaré Gérald Guillaume à notre rédaction.
Les circonstances exactes de l’évasion, les raisons du retard présumé dans le transfert du prévenu et les éventuelles responsabilités dans ce dossier restent à établir. Des éclaircissements sont attendus des autorités policières et judiciaires.
Il convient de rappeler que les faits reprochés à Dieunord Martial demeurent des accusations présumées. De même, le placement des deux policiers en mesure conservatoire ne constitue pas, en soi, une preuve de faute ou de responsabilité. Les conclusions des investigations devront permettre d’établir les faits et les responsabilités éventuelles dans le respect des droits de toutes les personnes concernées.